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The author of this web page Henri J. Chapdelaine
passed away on Wednesday July 26, 2000
( décédée mercredi le 26 juillet 2000 )
A French language page...........................Une page française Bienvenue Francophones et Francophiles
Les Franco-Américains
de la
Nouvelle-Angleterre
Henri Chapdelaine
Manchester, New Hampshire 03109-4408
Drapeau franco-américain
Les Franco-Américains sont sans aucun doute le groupe ethnique le moins connu des Etats-Unis. Pourtant, la présence française en Amérique date du tout début de la colonisation: exploration du littoral Atlantique par Samuel Champlain entre 1603 et 1605, fondation de la ville de Québec en 1608, évangélisation des tribus autochtones de la Nouvelle-Angleterre par les Jésuites au 17e siècle, exploration de presque tout le continent par les Français, et même fondation de la Louisiane française par un Canadien français, Jean-Baptiste LeMoyne, Seigneur de Bienville, en 1718. Il n'est donc pas surprenant de trouver des îlots francophones partout à travers le pays mais le plus grand groupe, et le moins connu, est incontestablement les Franco-Américains du nord-est, aujourd'hui au nombre de deux millions d'âmes mais peuple en voie de disparition par assimilation, par isolation. Malgré le métissage tout à fait naturel et sans remède, il y a partout en Nouvelle-Angleterre des personnes portant un nom de résonance française et mieux encore, des personnes qui ont à coeur la langue et la culture de leurs ancêtres. Tous ces Franco-Américains sont de descendance française, mais leurs ancêtres sont passés par le Canada avant de s'établir aux Etats-Unis. Ils se nomment Franco-Américains depuis 1900 environ, pour se distinguer des Canadiens français dont ils sont issus.
Il y a toujours eu des rapports entre les Français de la Nouvelle-France et les Anglais des colonies naissantes américaines, même si ces relations au début sont restées plutôt froides à cause de la langue et de la religion, les Anglais étant protestants et antipapistes tandis que la Nouvelle-France fut fondée une colonie surtout catholique romaine. Après la Conquête de 1759, la Nouvelle-France tombant aux mains des Anglais et ce petit peuple de 65.000 âmes réduit à la servitude, et les troubles naissants entre la colonie américaine et la mère-patrie, nombreux sont les Français à s'allier à la cause américaine. Ainsi des centaines de Canadiens français servent dans l'armée coloniale américaine contre l'Angleterre, plus tard au conflit de 1812 et encore durant la guerre civile de 1860. Mais la grande poussée vers les Etats-Unis commence en 1865 pour se terminer qu'aux alentours de 1930, même si une plus faible migration se poursuit jusqu'aux années 60. Les descendants de ces Canadiens français venus ici donc entre 1865 et 1930, la plupart à cause des difficultés économiques et la vie très difficile d'alors, forment les Franco-Américains de nos jours. Ils sont venus de partout au Québec, de plusieurs parties de l'Ontario et de l'Acadie, et nous avons même reçu, ici et là, des Français de France, surtout après les deux grandes guerres mondiales.
Ma belle Normandie Famille typique franco-américaine: la mienne...
Tout Franco-Américain est à l'origine Français, puis Canadien, enfin Américain. Mon nom remonte presque mille ans dans l'histoire puisque l'on retrouve des Chapdelaine servant Guillaume le conquérant en 1066 et ils reçoivent des terrains en Angleterre après la Conquête. Portant le nom Capdelaine avec l'orthographe d'alors, ils deviennent des Woolcap anglais, ce qui montre que le nom signifie bien cap ou chapeau de laine, puisque le vieux mot français cap est resté dans la langue anglaise. Ces Capdelaine, sans doute des Vikings ou Northmen fusionnés avec les Gallo-Romains d'alors, font souche dans une seule partie de la France: la Basse Normandie, aujourd'hui le départment de la Manche, près d'Avranches à l'ombre du mont Saint-Michel. Nous les rencontrons encore en 1256 lors de la visite du saint roi Louis IX en Normandie lorsqu'un nommé Capdelaine fait don d'un terrain au diocèse d'Avranches et sur le dit terrain construit une élégante maison bourgeoise qui sera la demeure de la famille Capdelaine, de père en fils, pendant plus de 500 ans, jusqu'à la révolution française, et aussi la demeure, par une dépendance, du Chanoine de Plomb, trésorier du chapitre de la cathédrale d'Avranches, pendant le même temps. Cette maison sera toujours connue par le nom La Trésorerie, et sera détruite presque 700 ans après sa construction par les bombes américaines lors de la percée en Normandie. Au cours du 14e siècle, la langue en évolution, le français adoucit sa prononciation et le nom devient Chapdelaine. Ces Chapdelaine s'éparpillent dans la région et nombreux sont les meuniers et boulangers à porter ce nom. Au 15e siècle, après s'être distingué au service du roi dans le conflit anglo-normand, l'un d'eux est reconnu noble et il devient le comte de Chappedelaine, famille à deux branches qui a rendu de grands services à la France, dont l'une branche florissante à la fin de ce 20e siècle. Des Chappedelaine roturiers, dont l'orthographe du nom est imputable à des fautes de greffiers, s'établissent dans les alentours de Rennes et de Saint-Malo et leurs noms figurent dans les aventures des corsaires du temps. Mais la famille originale, assez florissante, reste dans la région d'Avranches et ses proches villages, tel Plomb.
En 1686, André Chapdelaine, fils de Julien Chapdelaine et de Jeanne LeMasson, et petit-fils de Jean Chapdelaine et de Françoise Brochet, s'enrôle dans la Marine royale sous la commande du Sieur de Saint-Ours, originaire de Grenoble, pour trois ans de service en Nouvelle-France en vue de défendre la colonie contre les Iroquois. Né à la Rivière, hameau de Plomb, André portera le dit nom Larivière qu'il léguera à ses descendants jusqu'à nos jours. Il quitte donc la France au mois d'avril 1687 et débarque à Québec le 29 mai 1687... pour ne jamais revoir ni père ni mère, ni sa belle Normandie. En 1691, à Saint-Ours, seigneurie de son capitaine, âgé de 24 ans, il épouse Marie-Anne Chèvrefils, fille d'un soldat du régiment de Carignan-Salières, qui compte 17 ans. Avant de mourir à l'âge de 45 ans, elle lui donnera 14 enfants. André Chapdelaine dit Larivière devient à la longue Capitaine de milice de la côte du Richelieu et consacrera plus de 20 ans de sa vie à la défense de la colonie, servant aussi bien au fort de Ville-Marie, de nos jours Montréal. Après la mort de son épouse, il prend deuxième femme, Marie-Anne Joly, en 1720. Il a 54 ans; elle, 28 ans. Elle lui donne deux autres enfants et s'éteint à l'âge de 36 ans. Par la suite, André épouse une veuve Marie Chatelle, mais cette fois sans postérité. Ainsi tous les Chapdelaine et des centaines de Larivière sur le continent américain descendent d'André Chapdelaine, le seul Chapdelaine à émigrer de France.
Québec, terre de nos aïeux En 1723, après son service militaire, Pierre Chapdelaine dit Larivière, fils d'André, épouse Marie Charlotte Pinard, fille du chirurgien du fort de St-François-du-Lac, où il a servi sous les armes. Pierre fonde ainsi cette lignée de Chapdelaine qui fleurira dans le comté d'Yamaska du Québec. Treize ans plus tard, après avoir perdu son épouse, Pierre prend Marie Jeanne Forcier pour deuxième femme. Ses enfants porteront le nom Larivière (dit Chapdelaine) et sa lignée se poursuit donc dans la personne de son fils Charles Larivière. En plus d'être défricheur, Pierre se rend à pied plusieurs fois jusqu'au Michigan... portant de lourds fardeaux, aller et retour. Tous les Chapdelaine-Larivière, pour une centaine d'années après la Conquête de 1759, seront illettrés. Ce n'est qu'en 1860 que l'école de langue française est restaurée au Québec, et pas encore obligatoire. Cette date coïncide avec la naissance de mon grand-père Jules Omer Philorum Chapdelaine qui épouse Alphonsine Glaude, fille de Joseph Glaude et d'Elide Liberge. Ce Joseph Glaude, malgré son nom bien français, est en réalité un Amérindien de pure race abénaquise, né à Odanak, réserve des Abénaquis, descendants des autochtones détruits par les Anglais en Nouvelle-Angleterre et dont un petit reste se réfugia chez les Jésuites canadiens. Ainsi Joseph Glaude venait de la tribu des Patsuiket, mieux connus sous le nom Penacook, établis sur les rives du fleuve Merrimack, où se situe de nos jours la ville de Manchester, New Hampshire.
Toujours est-il, ces Chapdelaine, comme les autres, vivent d'une pauvreté atroce et pour se réchapper imitent leurs concitoyens québecois et prennent le chemin vers les Etats-Unis et ses centres manufacturiers, arrivant au New Hampshire en 1909. Ne parlant l'anglais, cette famille de sept enfants déménage constamment, allant d'un village à l'autre, cherchant une société francophone, ainsi que du travail. Ils vivent donc à Franklin, puis Gonic... Dover... Rochester... et enfin se logent à Suncook, village de 12.000 personnes, la plupart Canadiens français, où les China Mills ainsi que la manufacture de briques assurent du travail aux immigrés. Là mon père devient apprenti coiffeur, un métier qu'il poursuivra pendant 60 ans. Vers 1916, la famille se fixe enfin à Manchester, ville fondée à vrai dire par la manufacture Amoskeag, la plus grande industrie du coton au monde entier au temps, en plus de fabriquer une centaine d'autres produits, tels les locomotives, les engins, fusils, chaussures, linge et bas pour dames, etc. Cette ville comptera un jour huit paroisses catholiques romaines de langue française et ses huit écoles paroissiales bilingues, un hôpital canadien, orphélinats, hospices, banque et un tas de commerces annexes dont la langue des affaires sera le français. Cette ville gardera toujours son cachet "la ville la plus française des Etats-Unis" et même de nos jours presque la moitié de sa population est franco-américaine. En effet, en 1900 dit-on, Manchester était la cinquième ville en rang de population française, en comptant toutes les villes du Québec et des Etats-Unis... ce qui n'est pas vrai aujourd'hui car il se parle couramment 60 langues vivantes dans cette seule ville américaine du New Hampshire ! Mais moins en moins de français...
Suite dans une nouvelle page, très bientôt...
Souvenir de et hommages à ma mère Alice Rose Benoit dit Vaillancourt Chapdelaine, mère de treize enfants, décédée le 4 janvier 1998 à l'âge de 90 ans et sa fille, ma soeur Claire, décédée le 8 janvier 1998 à l'âge de 66 ans.
Souvenir de ma soeur Lucille Chapdelaine-Roy, décédée le 18 février 2000
à l'âge de 71 ans.
Henri J. Chapdelaine, décédée le 26 juillet 2000, a l'âge de 66 ans
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