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passerelle solférino  


PASSERELLE SOLFERINO - NOTE ARCHITECTURALE

La passerelle de Solférino s'inscrit dans la continuité du paysage construit sur les rives du fleuve.

La Seine accueille en ce lieu les marques bâties de son histoire monumentale, institutionnelle ou fonctionnelle, mais toujours mesurée sans effet de rupture formelle volontairement exacerbée.

Le projet proposé devrait se situer dans cette continuité : continuité des franchissements du fleuve, continuité des parcours urbains, continuité de progrès des techniques de construction.

Prolonger l'évolution des ponts de PARIS

Par-delà les ponts en arche maçonnés construit jusqu'au XVIIIè siècle, deux évolutions sensibles apparaissent à PARIS avec le pont de la Concorde et la technique constructive des arcs adossés imaginés par J.R. Perronet, puis avec le pont Alexandre III auquel J. Resal offre un considérable surbaissement par l'usage, installé depuis la fin du XIXè siècle, d'arche métallique à inertie variable.

Comme le pont d'Arcole ou le pont Alexandre III, le projet présenté propose de franchir la Seine avec une seule arche, sans appui intermédiaire au cours du Fleuve pour s'inscrire dans cette histoire technique qui permit d'améliorer l'élégissement des structures tout en augmentant la portée, pour faciliter l'écoulement visuel et hydraulique du fleuve, pour autoriser la promenade dans le vide de l'ossature en joignant les quais bas tout en joignant les quais hauts.

Il ne s'agit pas ici d'un pont mais d'une passerelle pour laquelle légèreté et transparence doivent révéler l'usage, l'aisance du franchissement dégagée des contraintes liées aux fortes surcharges de trafic. La passerelle s'ouvre sur ces transparences, ses vides raidis par la hiérarchisation des éléments structuraux qui autorisent les vues, le cadrage, l'ouverture sur l'eau et le ciel, sur la géographie du lieu.

Symétrie - Symétries

Le cadrage proposé avec deux piles en rivières ne permettait pas de respecter la symétrie du franchissement par rapport à l'axe du fleuve. Nous avons, pour l'arc privilégié cet axe.

Ainsi, l'arc s'appuie sur deux culées disposées symétriquement sur les perrés latéraux. Les travées de rives permettent de retrouver cette symétrie, entre l'appui intermédiaire situé le long de la voie sur berge en rive gauche, et le mur du quai sur la rive droite.

La voie de circulation permettant la desserte du port Solférino et notamment de l'aire de stationnement située sur le quai rive gauche, est ainsi prévue le long de la voie sur berge et la continuité du quai est préservée.

En élévation ce choix de symétrie par rapport à l'axe du fleuve est maintenu. Le faible galbe de la passerelle permet une échappée visuelle depuis le quai. L'accès principal depuis le quai haut se faisant en rive gauche, il est assuré dans la continuité de la chaussée, sans marche. A l'autre extrémité le dénivelé est franchit soit par quelques marches prises dans l'épaisseur du mur de soutènement, soit directement vers la rampe pour personne à mobilité réduite. Cette rampe rejoint le niveau du trottoir, elle est portée en encorbellement sur le quai pour limiter l'emprise de la trémie sur le trottoir, puis en creux dans le mur du quai, pour permettre l'accès au passage souterrain menant au jardin des Tuileries.

La construction de ce passage est prévue courant 1999.

Parcours asymétrique dans une structure symétrique

Dans le contexte urbain actuel, le parcours est de nature asymétrique. En effet, côté rive droite la voie express rend la liaison au niveau du quai haut difficile ; côté rive gauche la voie sur berge rend la liaison au niveau du quai bas dangereuse : le parcours le plus aisé se fera donc par l'intermédiaire du passage souterrain depuis les Tuileries vers le quai haut côté Orsay.

Le projet se fonde sur la continuité de ce parcours. Sans rupture de flux, il s'agit ici de prolonger naturellement la promenade en parcourant la structure de l'arc depuis la sortie du passage souterrain, et d'accéder au tablier haut vers le quai Anatole France en y arrivant de plain-pied.

La structure symétrique de l'ouvrage accueille ici un parcours asymétrique.

Le parcours devrait être une promenade prolongée. La passerelle unique dans son arc parcouru se dédouble au niveau du tablier. Les deux passages latéraux légèrement galbés s'installent comme deux balcons à la dimension du fleuve, belvédère sur la ville et le paysage parisien.

Ainsi, la partie centrale de la passerelle est le lieu de rencontre des multiples parcours qu'autorise la structure habitée. Au long de cette allée centrale, s'installent les bancs, les candélabres éclairant de part et d'autre le centre de la passerelle et les accès aux quais bas.

Cette double passerelle formée par les tabliers latéraux, est unifiée dans la place centrale qui articule les différentes promenades vers les quais bas rive droite ou rive gauche vers le port Solférino et la piscine Deligny.

L'ouvrage n'est pas unidirectionnel, unifonctionnel, il s'intègre dans la continuité des promenades, garantit la fluidité des différents cheminements.

L'enfouissement à terme de la circulation sur la voie express rive droite préserverait les qualités de parcours aujourd'hui offerte par la passerelle.

Une structure parcourue et hiérarchisée

La structure de l'ouvrage est simple pour préserver les transparences et les vues offertes au long du parcours.

Les arcs sont encastrés sur les culées et varient dans leur inertie principale des appuis jusqu'au sommet de l'arc.

Les arcs sont composés de deux caissons cintrés reliés par des nervures transversales, le cisaillement réduit par la forme funiculaire de la voûte passe par les caissons, au droit des appuis l'âme centrale des caissons assure l'encastrement.

Le principe de la continuité des parcours retenus entre le passage souterrain et l'accès à la passerelle ne permettait pas de disposer les appareils d'appuis au-dessus du niveau des crues décennales qui se situe un mètre au-dessus de l'entrée du passage souterrain.

L'encastrement adopté pour le principe structurel de l'ouvrage, permet de limiter l'entretien des appuis, et cette disposition constructive correspond à celle des autres ponts à arc métallique sur la Seine (Arcole, Alexandre III, Sully, Debilly, Bir-Hakeim).

Les arcs ainsi élegis laissent filtrer ombres et lumières évitant les reprises d'efforts par des bielles diagonales caractérisant l'architecture métallique du XIXè siècle.

Ils sont façonnés par oxycoupage de la tôle d'acier, cintrage à la rouleuse hydraulique et soudure en continu.

Cette technique s'apparente à la chaudronnerie navale.

Elle est aujourd'hui rendue possible par les systèmes informatisés de découpes et d'assemblages soudés dont le vocabulaire qualifie une nouvelle expression architecturale de l'usage de l'acier.

Il ne s'agit pas ici de prouesses technologiques mais de la mise en œuvre des savoir-faire, du travail de la matière révélé.

Les arcs ainsi constitués sont ouverts pour supporter les deux passerelles hautes et accueillir les escaliers situés au cœur de l'ouvrage.

Le platelage est porté par des diaphragmes automorphiques, ouverts et articulés en tête, joints et encastrés sur les raidisseurs des arcs. Ces diaphragmes à inertie variable sont construits selon une technique identique à celle des caissons des arcs. Leur géométrie reprend celle des arcs dans une projection verticale. 

Leur inclinaison, leur disposition régulièrement croissante en élévation permet d'uniformiser les contraintes en limitant les charges de flambement dans les membrures.

Dans chacune de ses composantes le projet donne à lire ses caractéristiques statiques pour fonder la forme de l'ouvrage sur la logique du cheminement des forces. Il n'y a pas ici d'artifice formel mais plutôt la mise en scène des lois de la gravité au service d'un parcours urbain.

Le platelage ainsi que les escaliers situés dans la voûte sont réalisés en bois exotique IPE finement rainuré et dont les joints sont obérés dans les parties en superposition des deux tabliers.

Les garde-corps latéraux incluent dans la tablette d'appui un luminaire offrant un éclairage complémentaire à l'ouvrage en révélant son galbe.

En rive, les quais sont transformés pour inscrire dans leur structure les supports des rampes et des escaliers donnant accès direct aux quais depuis le tablier, permettant ainsi un parcours différent de celui offert par l'arc.

Les parements de pierres massives reprennent la continuité des traitements maçonnés des quais en s'inscrivant dans le nouveau calepinage défini par les appuis de l'ouvrage.

Continuité urbaine - Structure d'accueil

Le projet pour la passerelle de SOLFERINO renforce en ce lieu privilégié, la continuité urbaine par la multiplicité des parcours qu'il autorise.

La structure inscrit dans la transparence de ses composants hiérarchisés, le cheminement de la promenade dans celui des forces gravitaires.

Au-dessus du fleuve la structure accueil les hommes dans le mouvement de la matière mise en œuvre par son façonnage.

La passerelle associe la continuité de la promenade urbaine à la statique de sa structure pour valoriser la pérennité de l'ouvrage d'art.

FICHE TECHNIQUE – PASSERELLE SOLFERINO

* Lieu :

Paris, sur la Seine, dans l’axe des rues de Castiglione (1er arrondt) et de Solférino (7ème arrondt)

* Maîtrise d’ouvrage :

Ministère de l’Equipement, du Logement et des Transports (Direction des Routes)

Ministère de la Culture

* Maîtrise d’ouvrage déléguée :

Etablissement Public du Grand L'ouvre (E.P.G.L), nouvellement Etablissement Public de Maîtrise d’Ouvrage des travaux Culturels (E.P.M.O.T.C)

* Maîtrise d’œuvre :

Architecte : Marc Mimram

Bureau d’études : Marc Mimram Ingénierie S.A

Bureau d’études associé : Sogelerg 

Chef de projet : Daniel Vaniche

Assistant : Vincent Dominguez

* Caractéristiques :

Passerelle piétonne de 106 mètres de portée, longueur de 140 m, largeur variable de 11 à 15 m.

900 tonnes d’acier

2 000 m² de platelage bois

* Calendrier :

Juin 1997 à Juin 1999

* Coût :

60 MF H.T

* Entreprises :

Eiffel : passerelle (charpente métallique)

Quillery : Gros œuvre

HISTORIQUE – PASSERELLE SOLFERINO

* 1859 

Construction du pont de Solférino, dans l’axe reliant la rue de Castiglione et la rue de Solférino.

* 1961

Destruction du pont, due au vieillissement de la fonte au froid

* 1961 

Construction d’une passerelle provisoire en remplacement du pont

* 1992

Fermeture de la passerelle provisoire au public et dépose de la passerelle

* 07/1992

Lancement du concours international pour la construction de la nouvelle passerelle Solférino – 

Désignation du Lauréat

* 07/1995

Premiers travaux de battage de palplanches

* 06/1996

Début des travaux des lots Gros-Œuvre et charpente métallique

* 10/1998

Montage de la passerelle sur la Seine

* 12/1998

Début des travaux des lots Garde corps, platelage et pierre

* 09/1999

Fin des travaux du passage des Tuileries

Livraison de la passerelle Solférino

PASSAGE DES TUILERIES

Les contraintes liées à la circulation automobile rendent interdite la traversée de la voie express du quai des Tuileries sur la rive droite.

Pour palier à cette carence, un passage souterrain a été réalisé, lors de la remise en place de l’ancienne passerelle provisoire, qui relie à mi-hauteur du mur de soutènement le jardin des Tuileries au quai.

Le passage exigu et insalubre n’est pas situé dans le prolongement du futur projet et ne permet pas une liaison naturelle avec le jardin.

Le projet du passage des Tuileries se trouve dans l’axe de la passerelle Solférino, il prolonge naturellement et de plain-pied l’arrivée sur le quai depuis l’arc de franchissement de la Seine.

Le passage projeté reprend le gabarit de la passerelle, ouvert comme elle à la mesure de sa structure.

Les soutènements latéraux reprennent l’inclinaison des bracons de la passerelle et l’assise de pierres maçonnées prolonge naturellement les murs du quai.

La voûte est réalisée à partir de voutins préfabriqués de béton blanc, associant le traitement de la couverture à la forme du platelage de la passerelle tout en prolongeant le vocabulaire constructif des ouvrages en infrastructure du Grand Louvre.

Le passage des Tuileries n’est pas protégé des crues de la Seine, bien au contraire, il donne la mesure des fluctuations du fleuve à l’intérieur même du jardin.

La terrasse du bord de l’eau réalisée par Le Nôtre a été modifiée et interrompue dans l’axe du pont de Solférino lors de sa réalisation en 1859.

C’est en cette place qu’émergent les escaliers donnant accès au passage des Tuileries. La dimension de la faille est réduite pour préserver les cheminements existants au long de la terrasse du bord de l’eau.

Tout au long du parcours depuis la place Vendôme et la rue de Castiglione, la traversée du jardin est axée sur la passerelle dont la courbure signale la présence de l’ouvrage dans la continuité du passage des Tuileries.

La partie enterrée est ainsi volontairement réduite au franchissement de la voie (sans être prolongée comme c’est le cas actuellement sous la terrasse au bord de l’eau). La lumière y est abondante, la liaison avec la passerelle continue.


 
 


 
 
 
 


 
 
 
 


 
 


 
 

Pont de Solferino


 
 
 
 


 

Septembre 1999

Pose du platelage 


 
 
 
 


 
 
 
 

Tête de luminaire alu moulée


 
 
 
 

Banc


 
 
 
 

Toile de garde corps acier inox tissée


 
 
 
 

Mur de quai rive droite 


 
 
 
 

Echafaudage pose rive bois 

DOSSIER DE REFERENCE

* FORMATION

1976 : Maître es-sciences Mathématiques de l’Université de Paris VII

1978 : Ingénieur de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées

1979 : Master in Civil Engineering University of California – Berkeley – U.S.A

1980 : Architecte diplômé par le Gouvernement – Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts – Paris

* ENSEIGNEMENT

1979/89 : Ecole Nationale des Ponts et Chaussées – Paris

Depuis 1991 : Ecole d’Architecture – Paris

* EXPOSITIONS

1995 : Université d’Austin – Texas

Pavillon de l’Arsenal – Paris : exposition permanente

1996 : Pavillon de l’Arsenal – Paris : " Paris d’Ingénieurs " en collaboration avec B. Lemoine

1997 : Fondazione Masieri – Venise

Institut Français en Hongrie : " Paris d’Ingénieurs "

1998 : Espaces d’exposition de la ville de Genève

* PUBLICATIONS LIVRES

1983 : " Structures et Formes " - Etude appliquée à l’œuvre de R. Ricolais – Edition DUNOD – Paris

1995 : " Paris d’Ingénieurs " en collaboration avec B. Lemoine – Edition PICARD – Paris

* PUBLICATION ARTICLES

1989 : " Marc Mimram : portrait " - Le Moniteur n° 4484

1990 : " Le goût de l’ingénierie " - Archi Crée n° 15

1992 : " Supporting Act " - Building design n° 1094

  • " Etude de M. Mimram pour la nouvelle passerelle Solférino " - Architecture d’Aujourd’hui - Sept
  • 1995 : " La geometria di Mimram " - l’Arca n° 96
  • " Péage des Eprunes " - Techniques et Architecture n° 417

  •  

     
     
     
     
     

    " Une démarché constructive " - le Moniteur A.M.C n° 58

    " Roseau haute tension " - l’Architecture d’Aujourd’hui – Juin

    " Design des pylônes E.D.F " - Le Moniteur A.M.C n° 59

    1996 : " Marc Mimram, ingegnere e architetto " - Galiléo n° 78
  • " Marc Mimram, Palmen an der Autobahn " - Architecktur – Mai

  •  

     
     
     
     
     

    " Mât d’éclairage de la Courneuve : La torre della luce " - l’Arca n° 104

    " Double Bow-string pour le TGV " - Le Moniteur n° 4823

    1997 : " Une passerelle sur la Seine " - l’Arca International – Mars
  • " 72 Boulevard Barbés in Paris " - A+U n° 319

  •  

     
     
     
     
     

    " Couverture amovible de la piscine Molitor " - le Moniteur A.M.C - Février

    1998 : " Une passerelle sur la Marne " - l’Arca International – Mars
  • " Ouvrage d’art – une passerelle sur la Marne " - le Bulletin I.F.A n° 208

  •  

     
     
     
     
     

    " Passerelle urbaine " - Le Moniteur A.M.C n° 91

  •  
  • 1995 / en cours : Pylônes très haute tension – E.D.F

    1999 Pont sur la meuse CHOOZ

    MARC MIMRAM INGENIERIE 79 avenue LEDRU-ROLLIN 75012 paris FRANCE

    tel: 01 43 44 91 19 ... Fax : 01 43 41 19 09 ... e.mail mmimram@aol.com


    1989 / 93 : Complexe sportif des Grands Pêchers à Montreuil
    JM.Montiers

    1994 / en cours : Viaduc de La Garde Adhémar

    1991 / 98 : Passerelle du barrage de Saint Maurice sur la Marne
     
     

    1987 / 88 : Passerelle P.S.O, Rocade Est de Toulouse

    1989 / 93 : Mât d’éclairage à la Courneuve 

    .................JM.Montiers
     

    1991 / 94 : Gare de péage en barrière des Eprunes sur l’Autoroute A5 
    JM.Montiers
     
     
     

    1996 / En cours : Couverture amovible de la piscine Molitor – Paris








    1997/ 98 : Passerelle du Franc-Moisin sur le Canal St Denis