- Déchirement
intérieur
-
- Voici tes lambeaux de vie,
homme,
- Ramasse-les, c'est tout ce qu'il te
reste
- Tout ce qui te revient
- Tout ce que tu as fièrement
gagné ;
- Toi le grand marquis de la vie
- Tu as voulu monter un par un les
escaliers
- Tu y as réussi, vois ce que tu
es
- Misérable
déchéance, misérable ruine
d'homme
- Semblant de vie, je claque des
doigts
- Et tu tombes comme un manteau
- Comme un manteau qui se réduit
en poussière.
- L'orage dans ton coeur ? une
allumette
- Que j'ai moi-même
allumée.
- Ton esprit ? un fruit que j'ai
moi-même ramassé
- Et que je peux à tout instant
t'enlever.
- Ton corps ? un manteau que je
brûle petit à petit.
- Tes désirs ? une
lumière que j'ai laissé
éclairée.
- Tes souffrances ? mes
volontés,
- Une cigarette qui fume dans ton
cerveau.
- Tu es du tabac que j'ai
enroulé dans du papier
- Tu n'es qu'une cigarette
- Que je vais bientôt finir de
fumer
- Tu finiras comme tous les autres
artistes :
- En cendres dans mon cendrier.
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